Le projet FOREST sur la santé sexuelle des personnes transmasculines engagé par OUTrans avec l’université Lumière Lyon 2 intègre une étude auprès de 13 professionnel·le·s médico-sociaux qui prennent en charge positivement des personnes trans dans un contexte réglementaire compliqué. Ces entretiens ont donné lieu à un article sur les freins et leviers de la prise en charge actuelle.
En attente des premières recommandations de bonnes pratiques par la HAS, la publication de l’article dans la revue Santé Publique
Lien vers l’article dans la revue Santé Publique
Accompagnement en santé de personnes trans : freins, leviers et perspectives de professionnel·le·s recommandé·e·s par la communauté
Introduction : L’accès à la santé pour les personnes trans et issues de la diversité de genre est marqué par des inégalités, notamment en raison de la stigmatisation. Peu de professionnel·le·s s’impliquent dans leur accompagnement, restreignant l’accès de ces personnes au système de santé. Cet article propose une perspective originale d’analyse en explorant les expériences, les motivations et les leviers évoqués par des professionnel·le·s du champ médico-social engagé·e·s dans l’accompagnement en santé des personnes trans.
Méthodes : Treize professionnel·le·s ont été intérrogé·e·s dans le cadre d’entretiens individuels puis d’un focus groupe. Une analyse thématique a révélé plusieurs leviers et freins dans leur pratique.
Résultats : Les leviers comprennent un engagement à lutter contre les injustices, une relation de soin horizontale et une connaissance préalable de la communauté trans. Les principaux freins incluent le manque de formation et de recommandations officielles, la crainte de dépasser ses compétences et les contraintes d’une organisation des soins basée sur la binarité homme/femme. Les pistes d’amélioration proposées par les participant·e·s incluent la création de directives par la Haute Autorité de Santé, la production de données scientifiques robustes et l’implémentation de formations spécifiques lors de la formation initiale ou continue. Ces actions doivent être mises en place sur la base d’un travail collégial avec les personnes concernées. Enfin, les participant·e·s affirment que réduire les inégalités d’accès à la santé dépendent de l’augmentation du nombre de professionnel·le·s s’impliquant dans cet accompagnement.
Discussion : Transformer le système de santé en un espace plus inclusif pour les personnes trans nécessite l’engagement des professionnel·le·s, des réformes institutionnelles et la participation active des personnes concernées, afin d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer la qualité et l’équité en santé pour tou·te·s.

