
Le Bingo d’OUTrans a été édité pour la première fois à l’occasion des 10 ans de l’association en 2019. Nous avons voulu créer un exutoire des phrases qu’une personne trans ou/et s’incluant dans la diversité du genre, et identifiée comme telle, peut entendre.
Certaines phrases paraissent bien anodines. Dans le meilleur des cas, elles révèlent l’ignorance de nos interlocuteurices, parfois une curiosité déplacée, souvent une vision caricaturale de nos vies et, régulièrement, un rejet manifeste de notre identité de genre.
Ces phrases, loin d’être exhaustives, démontrent, si cela est encore nécessaire, la réalité de la transphobie ambiante qui ne se limite pas aux agressions directes. Elle s’exprime aussi dans la récurrence et l’accumulation des remarques. Individuellement, elles sont surmontables. Reçues dans leur ensemble – et nous sommes beaucoup à cocher toutes les cases – elles montrent la pression que nous subissons au quotidien.
Chacun·e a un rôle à jouer pour que les personnes trans puissent vivre sereinement. Il n’y a aucun effort à faire, juste à écarter toute curiosité, fantasme ou posture idéologique. Nous, personnes trans, le faisons au quotidien. Si ce bingo permet à quelques personnes cis d’en prendre conscience, il aura été utile.
À vous de jouer !
Les solutions
Pour mieux comprendre pourquoi ces phrases sont déplacées, OUTrans ouvre quelques explications, loin d’être exhaustives.
« Vous en êtes où dans votre transformation ? »
C’est une question intrusive qui invite à dévoiler des détails médicaux ou corporels sans lien avec le·s soin·s en cours. Le terme « transformation » réduit la transidentité à un esthétique, alors qu’il s’agit d’une identité vécue. Par ailleurs, la question suppose que la transition est un processus linéaire, avec un début, et une fin, sans respect de la volonté de la personne et de l’adaptation à ses besoins.
Enfin, les personnes trans ne se « transforment » pas : iels transitionnent (nous ne sommes ni des Transformers ni des Barbapapas !).
« Et pourquoi ce prénom ? »
Cela témoigne d’une curiosité intrusive qui met en doute le choix du prénom, comme si la personne devait se justifier. Ce choix relève de son libre arbitre et ne nécessite pas d’explication. Cela fait partie des questions qui sont problématiques par leur systématisme.
« Ça doit être dur pour vos parents/votre entourage »
Seulement 40,5 % des femmes et 33,0 % des hommes déclarent qu’ils n’auraient pas de problème à accepter que leur enfant soit trans (CSF-2023 Inserm-ANRS-MIE). C’est surtout dur pour les personnes trans d’avoir à gérer la transphobie de leurs parents que la phrase semble excuser. Cette remarque véhicule l’idée que les personnes trans feraient souffrir leurs proches simplement par leur existence, comme si elles devaient s’excuser de vivre librement et porter la responsabilité d’un mal-être de leur entourage face aux transidentités. Elle détourne ainsi l’attention du vécu et des besoins des personnes directement concernées.
« Et vous êtes en couple ? »
Question hors-sujet et intrusive, souvent motivée par une curiosité sur la sexualité ou par l’idée que les personnes trans seraient difficilement aimables. Elle ne serait maladroite dans un cadre médical que pour rechercher les soutiens sociaux de la personne mais présuppose le couple comme seule possibilité, ignorant le polyamour ou toute autre forme se soutien social et/ou affectif.
S’il s’agit d’aborder la prévention en santé sexuelle, celle-ci ne doit pas se limiter au statut de couple : toute personne doit se voir proposer un accès à la prévention en matière de santé sexuelle.
« C’est à cause des hormones que vous avez mal au pied »
Où le « syndrome du bras cassé trans » : cela désigne une situation où les soignant.e.s attribuent de manière erronée tout symptôme physique à la transidentité d’une personne, même lorsqu’il n’y a pas de lien évident. La phrase est révélatrice de l’ignorance des pros de santé des enjeux de santé trans et d’une facilité visant à voir la transidentité comme la cause de tout. Cela peut entraîner un diagnostic inapproprié ou des refus de traitement.
« Félicitations, c’est très réussi ! »
Ce commentaire réduit la personne trans à son apparence et implique un jugement esthétique (« réussi/raté »). On ne félicite pas une personne cis pour « être crédible dans son genre ». Par ailleurs, le fait d’être visible en tant que personne trans serait une mauvaise chose. Or, pour de nombreuses personnes trans, avoir un cispassing est un mécanisme de survie face à la transphobie de la société, et non pas une recherche de validation.
« Mais c’est quoi votre VRAI prénom ? »
Cette phrase est particulièrement violente et transphobe. Elle sous-entend que le prénom actuel est « faux » et invalide donc l’identité de la personne.
Le prénom choisi est le vrai prénom, celui qui correspond à son identité.
« Vous avez su quand ? »
Cette question peut paraître anodine, mais elle revient souvent à demander des détails intimes sur la prise de conscience de sa transidentité, sans lien avec la consultation ni légitimité à poser une telle question. Elle présuppose que seules les personnes révélant une transidentité dès l’enfance seraient légitimes.
« Je ne suis pas formé·e pour vous recevoir »
Il n’y pas de “santé trans” : tout acte de santé qu’on peut retrouver dans un parcours de transition a d’abord été utilisé pour prendre en charge des personnes cis (ex : les torsoplasties pour le traitement de gynécomastie). Cette phrase laisse entendre que la personne trans est « trop compliquée » à soigner, y compris pour les soins courants, au lieu de reconnaître la nécessité de se former — comme le préconisent les recommandations de la HAS qui précisent aussi que les personnes ont les mêmes besoins en santé.
« Vous avez fait l’Opération ? »
Il s’agit d’une question intrusive, extrêmement normative, qui présume que la seule opération possible est celle des organes génitaux. On ne demande pas à une personne ce qu’ielle a entre les jambes — qu’ielle soit trans ou non.
Si le fait d’avoir fait une opération génitale est pertinent dans le diagnostic – et seulement dans ce cas, il convient d’expliquer en quoi. Inversement, si ce n’est pas pertinent pour le soin, la question n’a pas lieu d’être.
« Et ça marche ? Ça va mieux ? »
Cela sous-entend que la transition serait un « traitement » d’une maladie qu’on « teste » et dont on évalue l’efficacité. Ce n’est pas l’identité de genre qui fait souffrir, mais la transphobie institutionnalisée et les discriminations sociales qui l’accompagnent. Ainsi, selon une étude réalisée sur le US Trans Survey, si une personne trans subit au moins 4 expériences majeures de discrimination dans l’année le taux d’idée sucidaires monte à 981% et le taux de passage à l’acte suicidaire passe à 51%. Pour info, le taux de passage à l’acte dans la population globale est de 5%.
« On dirait pas, j’aurais pas deviné »
Ce commentaire est présenté comme un compliment, mais il repose sur l’idée que la « réussite » c’est d’être « invisible » en tant que personne trans, comme si c’était une négatif d’être trans. D’autant que pour beaucoup de personnes, le cispassing – être perçu·e comme cis – relève d’un mécanisme de survie pour se prémunir face à la transphobie systémique, et non pas d’une volonté revendiquée.
« Vous ne serez jamais crédible »
Cette remarque est violente et nie toute possibilité de reconnaissance et de légitimité.
Elle exprime directement la transphobie et la violence symbolique d’une société qui refuse de reconnaître les personnes trans. De plus, elle entérine les normes de genre.
« Je ne pensais pas que les hormones vous rendraient agressif·ve »
Il s’agit d’un stéréotype sans base scientifique, qui associe les hormones à des comportements négatifs. Il suggère à tort que les hormones altéreraient la personnalité ou le caractère d’une personne. Si des personnes sont sur la défensive ou adoptent un comportement agressif, c’est en réaction à l’accumulation des discriminations subies.
« Est-ce que vous êtes déprimé·e ? »
Cette question suppose que la transidentité mène forcément à la dépression ou qu’elle en est la cause, au lieu de considérer la personne comme un individu complet avec une santé mentale indépendante de sa transition ou de son identité. On peut être une personne trans et être heureux·se et épanoui·e !
« Les gens comme vous… »
Cette formulation stigmatise en plaçant la personne trans dans une catégorie à part, distincte des “vrais gens”. Elle essentialise également les personnes trans, en laissant entendre qu’elles partageraient toutes les mêmes caractéristiques — par opposition, là encore, aux “vrais gens”.
« Ok mais tu vas utiliser quelles toilettes ? »
Question intrusive qui renvoie à la suspicion d’agression d’une personne trans vers une personne cis et au contrôle du corps. Or, a priori, il n’y a pas de contrôle d’identité, ni génétique à l’entrée des toilettes et toutes proposent des cabines fermées. Dans les toilettes, l’important est de respecter l’intimité de chacun·e, cis ou trans. Les personnes utilisent les toilettes dans lesquelles elles se sentent à l’aise.
« C’est super bien fait »
Cela sous-entend que la personne trans joue un rôle ou a fait une « performance » réussie, comme si son identité était une illusion, une simple construction. La phrase félicite le fait qu’on ne peut pas identifier la personne comme trans comme si être trans visible serait un problème en soi. Elle renvoie enfin à la normalisation des corps en évoquant les stéréotypes de genre.
« Il vaut mieux éviter d’en parler aux collègues »
Cette remarque envoie un message implicite : « ta transidentité est honteuse ». Elle encourage l’invisibilisation au lieu d’un climat inclusif. Elle demande à une personne de nier son identité et de la cacher en permanence. Ce n’est pas créer un climat serein et protecteur pour le travail.
« Ça va être compliqué de changer les fiches de paye »
Cela revient à mettre en avant des lourdeurs administratives comme excuse pour retarder ou refuser le respect de l’identité de la personne. C’est une discrimination basée sur l’identité de genre (Art. 22(-1 du code pénal). Les configurations informatiques ne sauraient justifier un mégenrage permanent, allant à l’encontre du respect de la vie privée consacré par le code civil (article 9).
« Ça ne me dérange pas, mais c’est pour les clients »
Cette remarque attribue le rejet aux « autres » (clients, public) pour justifier des discriminations internes. Elle crée une norme de genre obligatoirement cis. La discrimination fondée sur l’apparence est interdite par le code pénal, tout comme celle sur l’identité de genre. En complément, le code du travail interdit toute discrimination dans le travail fondée sur l’identité de genre.
« Et tu vas aller jusqu’au bout ? »
Il s’agit d’une question intrusive sur un parcours médical ou chirurgical, qui entérine l’idée d’une étape “ultime” et formule une injonction implicite à aller “jusqu’au bout” pour être reconnu dans son genre. Elle laisse à penser que, sans opération génitale, les personnes trans ne seraient pas crédibles. Les opérations ne doivent être réalisées que si elles relèvent du choix de la personne, et non d’une injonction sociale.
« Tu as fait l’Opération ? »
Il s’agit d’une question extrêmement intrusive sur les organes génitaux, et complètement inappropriée dans un cadre professionnel (et dans bien d’autres…). Cette question réduit la transidentité à une opération qui n’est ni systématique ni nécessaire pour être reconnue (moins d’une personne trans sur 10 a recourt à des opération génitales).
« Par contre, on ne peut pas changer ton badge »
Excuse pratique qui empêche la reconnaissance de l’identité de la personne, alors que c’est possible administrativement et que cela constitue une discrimination basée sur l’identité de genre (article 225-1 du code pénal). Créer un environnement hostile et dégradant en raison de l’identité de genre relève du harcèlement discriminatoire interdit par la loi.
« Tu vas être souvent absent·e ? »
Suppose que la transition va forcément causer une baisse de productivité, stigmatisant la personne comme un « problème RH ». Toute les personnes trans ne font pas de transitions médicales et toutes les transitions médicales n’impliquent pas une absence. Par contre, les personnes trans qui ont des rendez-vous médicaux et sont prises en charge en ALD peuvent bénéficier d’autorisations d’absences pour s’y rendre sur leur temps de travail.
« J’aurais jamais deviné ! »
Présentée comme un compliment, cette remarque repose sur l’idée que le but est de « cacher » qu’on est une personne trans. Elle fait reposer la « réussite » d’une transition sur sa capacité à être invisible et perçu comme une personne cis. Enfin, pour de nombreuses personnes trans, avoir un cispassing (passer pour une personne cis et non trans) est un mécanisme de survie face à la transphobie de la société et non pas une recherche de validation.
« Et tes parents, ça va ? »
Cette question recentre la discussion sur la supposée souffrance de la famille, au lieu de s’intéresser au vécu de la personne concernée. Elle est culpabilisante, en laissant entendre que le parcours de la personne trans est avant tout une épreuve pour ses proches. La même remarque peut aussi être faite pour les conjoint·es comme si être trans est une démarche égoïste et que les difficultés rencontrées sont justes pour les personnes trans et injustes pour les proches qui n’auraient rien demandé.
« Est-ce que tu vois un·e psy ? »
Cette question associe la transidentité à une pathologie et une souffrance. On peut être une personne trans et être heureux·se et épanoui·e ! La transidentité n’est plus considérée comme un trouble mental pour les ALD depuis 2010, pour l’OMS depuis 2022 et la HAS a réaffirmé cette dépsychiatrisation en 2025.
« C’est pour ça que t’es bavard·e ? »
Cette question réduit un trait de caractère de la personne à sa transidentité, comme si elle était l’alpha et l’oméga de son identité.
« J’ai un·e ami·e transsexuel·le »
Tout d’abord, le terme « transsexuel·le » est daté, médicalisant et sexualisant, résumant les transidentités au sexe ignorant le genre. Ensuite, c’est un réflexe maladroit de dire « je connais quelqu’un comme toi », comme si ça légitimait une acceptation de façade. Enfin, cette remarque essentialise les personnes trans, en laissant croire que connaître une autre personne trans permettrait de comprendre toutes les personnes trans.
« Tu es super courageux·se »
Ce commentaire peut sembler encourageant, mais il enferme la personne dans une image héroïque ; or, elle est d’abord une collègue, pas un modèle de bravoure.
Certaines personnes trans rappellent que le véritable « courage » a souvent été celui de survivre en se conformant au genre qui leur a été imposé, bien plus que celui de vivre enfin dans leur genre reconnu et revendiqué.
« Ah, comme Caitlyn Jenner ? »
Cette remarque réduit toute une identité à une célébrité médiatisée, qui ne représente pas la diversité des parcours trans… et qui cautionne la politique transphobe de Trump.
« Il faut que je fasse mon deuil »
C’est très violent d’entendre qu’on est pleuré·e au lieu d’être accueilli·e. La transition n’est pas une mort, la personne est bien vivante. La phrase laisse à penser qu’avant et après la transition, on ne serait pas la même personne mais un·e inconnu·e. Parler de deuil nie l’existence actuelle de la personne trans. C’est extrêmement violent — d’autant plus pour les personnes qui ont réellement vécu la perte d’un·e proche.
« J’ai mis au monde une fille/un garçon »
Ce rappel de l’identité assignée à la naissance invalide celle que la personne exprime. Cela revient à refuser sa réalité et son droit inaliénable à l’autodétermination (reconnu par la HAS en 2025). En tant que parent, on a mis au monde une personne, quel que soit son genre, et, tout parent que l’on est, on n’a pas autorité sur l’identité de genre de son enfant.
« C’est juste une phase »
Cela sous-entend que la transidentité n’est pas réelle ni durable, mais une « passade ». Cette phrase nie la constance et la légitimité du vécu de la personne et reporte indéfiniment la reconnaissance de son identité. En espérant que ce ne soit une phase, elle considère la transidentité comme un problème qu’il faut régler en “revenant dans le droit chemin”. Pour rappel, chercher à modifier l’identité de genre d’une personne est interdit par la loi (thérapie de conversion).
« Tu seras toujours <deadname> pour moi »
Il s’agit d’un refus explicite d’utiliser le prénom choisi : c’est une manière de nier l’identité de la personne et de lui retirer son droit fondamental à l’autodétermination. Il a pu être difficile pour la personne trans de vivre tout ce temps sous une identité, celle de son assignation, qui n’est pas la sienne. La La phrase sous-entend aussi que l’identité trans n’est pas une vraie identité.
« Tu veux tuer tes grands-parents ? »
Cette phrase est culpabilisante : elle fait porter à la personne la responsabilité du mal-être familial simplement parce qu’iel affirme son identité de genre. Et elle est âgiste en sous entendant que les personnes les plus âgées seraient forcément transphobes. Au contraire, les grands parents ne peuvent que se réjouir que leurs petits-enfants s’épanouissent.
« Tu pourrais pas être juste homo ? »
L’un n’empêche pas l’autre ! Attention de ne pas confondre transidentité et orientation sexuelle tout en niant l’identité de genre. Contrairement aux idées reçues, les personnes trans ne sont pas forcément homo avant leur transition. Ainsi, certaines personnes peuvent être homo… dans leur genre d’affirmation.
« Qu’est-ce qu’on t’a fait ? »
Cette question exprime une posture de victimisation de la part de la personne qui parle, comme si la transidentité était la conséquence d’un mal subi ou une menace pour l’équilibre familial. Cette attitude nie l’autonomie de la personne trans et sa capacité à se connaître et à se définir par elle-même. De plus, elle cherche une cause à la transidentité pour essayer de l’expliquer… et de la “guérir”. Là encore, cette phrase est transphobe.
« C’est à la mode ! »
Cette remarque considère la transidentité comme une tendance sociale, pas comme une réalité vécue. Les premières traces de transidentités remontent à plus de quatre mille ans (Une histoire de genres. Guide pour comprendre et défendre les transidentités, Lexie). Dans de nombreuses cultures, la diversité des genres n’est pas organisé autour de la binarité.
« Quel gâchis, tu es si joli·e ! »
Il s’agit d’un mélange entre faux compliment et nostalgie du genre imposé, qui réduit la personne à son apparence et à un jugement esthétique subjectif et déplacé. Elle semble justifier une transition seulement si la personne n’est pas “jolie”. Et prétend qu’une transition va enlaidir la personne.
« Impossible ! Tu jouais avec des poupées/des voitures ! »
Cette remarque utilise des stéréotypes de genre pour invalider l’identité de genre d’une personne. On peut être née fille, ne pas aimer jouer à la poupée, préférer les voitures et… ne pas être trans pour autant !
« J’aurai jamais de petits-enfants »
Cela projette une perte personnelle et ignore totalement les possibilités réelles de parentalité pour les personnes trans. Être trans ne signifie plus être stérile. De nombreuses personnes trans ont des enfants, même après leur transition.
« Tu vas te mutiler »
Cela réduit les démarches médicales (quand elles existent) à une violence contre soi. La mutilation est subie. La chirurgie d’affirmation de genre est choisie. Par contre, les opérations non consenties imposées aux enfants ayant des critères d’intersexuation sont des mutilations.
« Tu es trop jeune pour savoir »
Il s’agit d’une négation du ressenti de la personne au profit d’une supposée « sagesse » des adultes. D’autant qu’on n’oppose jamais cet argument aux personnes cis, qui, elles, n’aurait pas d’âge minimum acceptable pour être certaine de leur genre. Ne pas reconnaître l’identité de genre d’un enfant est une violence psychologique.
« Ton père n’acceptera jamais »
Cela présuppose le rejet comme inévitable, au lieu d’encourager ou d’accompagner la personne dans son coming-out familial. Cette phrase renforce la peur du rejet et nie la possibilité de dialogue ou d’évolution au sein de la famille.
« Tu vas finir tout·e seul·e »
Anxiété et menace : revient à dire que personne ne pourra jamais aimer une personne trans.
« Qu’est-ce qu’on a raté ? »
Cela sous-entend que la transidentité est un échec éducatif ou parental.
« C’est un parcours du combattant »
Cette remarque met l’accent sur la difficulté, comme si l’identité de la personne trans était en soi un obstacle. Cela renforce l’idée que sa vie serait définie uniquement par la souffrance ou la lutte, au lieu de reconnaître ses expériences dans toute leur diversité.
« Tu es un peu radical·e »
Qualifier une personne de « radical·e » quand iel parle de ses droits revient à minimiser ses besoins légitimes. Cela délégitime sa parole et déplace le débat du fond (les discriminations) vers la forme (le ton employé).
« Je peux voir tes cicatrices ? »
Cette question constitue une intrusion dans l’intimité médicale et corporelle. Ce type de question réduit la personne à son corps et transforme son vécu en objet de curiosité.
« J’adoooore Ru Paul ! »
Cette remarque assimile la transidentité à la culture drag, qui relève de la performance artistique et non de l’identité de genre. Cette confusion entretient des stéréotypes et invisibilise les réalités trans.
« C’est grâce à vous qu’on va détruire le sexisme »
Ce commentaire place une responsabilité collective et disproportionnée sur les personnes trans. Ce n’est pas à elleux de « réparer » la société, mais bien à la société dans son ensemble de s’attaquer au sexisme.
« T’as un super bon passing »
Ce commentaire se veut un compliment, mais implique un jugement sur l’apparence : cela revient à dire que la valeur ou la reconnaissance d’une personne dépend de sa capacité à « passer » pour cisgenre. Enfin, pour de nombreuses personnes trans, avoir un cispassing est un mécanisme de survie face à la transphobie de la société, pas une recherche de validation.
« Tu dois galérer à trouver des chaussures »
Cette remarque ramène la conversation au corps de la personne, souvent sur un ton moqueur ou stéréotypé. Ce genre de remarques renforce les clichés sur les corps trans qui seraient décalés, voire bizarres.
« Désolé, mais j’ai l’habitude de t’appeler comme ça »
Il s’agit d’un prétexte pour ne pas faire l’effort d’utiliser le prénom choisi. Cela fait passer son propre confort avant le respect dû à l’autre, et nie l’identité de la personne concernée.
« T’as de la chance d’avoir choisi ton prénom »
Cela suppose que le choix du prénom est un geste libre ou ludique, alors qu’il s’agit souvent d’un processus identitaire important, lié à la réappropriation de son identité de genre et une affirmation d’un droit à l’autodétermination. Enfin, les prénoms d’usage ne concernent pas que les personnes trans.
« C’est quoi l’ExisTtransInter ? »
Cette question traite un événement politique comme une curiosité et met la charge d’explication sur les personnes concernées, au lieu d’encourager l’autonomie des allié·e·s à s’informer.
« Tu es cisphobe »
Cette accusation inverse les rapports de pouvoir en présentant une personne trans comme discriminante envers les personnes cis. Elle nie les réalités de la transphobie systémique et détourne le sujet des oppressions réelles.
« Mais c’est quoi ton orientation maintenant ? »
Cette question confond identité de genre et orientation sexuelle, deux dimensions distinctes. En outre, cela revient à demander des informations intimes qui ne concernent pas l’interlocuteur·ice.
« Vous êtes plus évolué·e·s que nous »
Cette remarque peut sembler valorisante, mais elle crée une distance paternaliste. Cela place les personnes trans dans une position d’exception ou de symbole, au lieu de les reconnaître simplement comme des individus. Cela permet aussi aux allié.e.s de se décharger de toute implication en terme de lutte pour l’égalité cis/trans car nous seul pouvons le faire puisque « nous sommes plus évolués »
« Heureusement, les mentalités ont vachement évolué »
Cela donne l’impression que la transphobie appartiendrait au passé, alors que les discriminations persistent. Cette phrase minimise les difficultés encore vécues aujourd’hui.
« Ah, c’est complètement couvert par la sécu ? »
Cette question réduit la transition à un sujet médical ou financier. Il s’agit d’une question intrusive qui participe à la pathologisation des parcours trans. Les démarches d’affirmation de genre ne se limitent pas à la médecine et ne concernent pas que les personnes trans.
« Et du coup, comment ça marche ? »
Il s’agit d’une question intrusive sur le corps ou la sexualité, comme si la personne devait détailler son intimité. Iel n’a rien à « expliquer » : son corps et son vécu ne sont pas un sujet de curiosité.
« Donc t’as une bite ou une chatte ? »
Cette question réduit l’identité de la personne à ses organes génitaux. C’est une question violente, intrusive et déshumanisante, qui nie la personne au profit d’une curiosité déplacée.
« J’ai une fascination pour les trans »
Cette phrase reflète une fétichisation pure la personne trans est perçue comme un fantasme ou un objet de désir exotique, plutôt que comme un·e individu·e à part entière.
« Est-ce que tu es fini·e ? »
Il s’agit d’une question pathologisante et intrusive sur les opérations qu’une personne trans peut éventuellement vouloir effectuer. Elle sous-entend qu’il existerait un « avant » et un « après » valides, renforçant l’idée qu’une personne trans devrait « terminer » sa transition pour être légitime.
« J’adoooore les travestis/drag queens ! »
Cette remarque entretient la confusion entre identité de genre et performance artistique. Les drag et les personnes trans n’ont pas le même vécu : assimiler les deux efface les réalités trans.
« Désolé, je suis pas bi »
Ce rejet est fondé sur une incompréhension : aimer une personne trans ne change pas l’orientation sexuelle. C’est réduire la transidentité à une catégorie à part, comme si être trans définissait un genre en soi.
« Cool, du coup pas besoin de capote »
Ce propos est dangereux et irrespectueux : il véhicule de fausses croyances sur les IST et réduit le corps trans à un « avantage » sexuel. La protection reste nécessaire, quel que soit le corps des personnes.
« Ah dommage, je cherche un gars actif »
Ce rejet efface la diversité des corps trans et des pratiques.
🍆🍆🍆
Il s’agit d’une objectification pure et d’une réduction de la personne à la présence ou non d’un organe sexuel symbolisé par l’aubergine.
« Tu m’inspires »
Cette remarque semble positive mais est exotisante : elle assimile la personne trans à une figure inspirante abstraite plutôt que de la reconnaître comme un individu.
« Je trouve ça cool, mais moi je pourrais pas »
Tolérance condescendante : cela revient à dire « j’accepte que tu existes, mais pas dans ma vie ». C’est une manière de se distancier tout en se donnant bonne conscience.
« Tu peux m’envoyer une photo ????? »
Cette demande intrusive estsouvent motivée par la curiosité ou le voyeurisme.
« Je veux juste te poser des questions »
Cela réduit la rencontre à une enquête sur la transidentité, au lieu d’un échange d’égal à égal. Cela place la personne trans dans une position d’objet d’étude.
« T’as changé dans quel sens ? »
Il s’agit d’une question intrusive sur le parcours médical ou social, qui ramène encore la conversation à la curiosité plutôt qu’à la séduction.
« T’es super sexy pour un·e trans »
Fausse flatterie : cette phrase sous-entend que les personnes trans ne sont généralement pas attirant·es, et que celle-ci ferait exception.
De plus, « trans » s’emploie comme un adjectif — on dit une personne trans, pas un·e trans. La transidentité n’est qu’un aspect parmi d’autres d’un individu, pas ce qui le·la définit entièrement.
« C’est contre natureeeuuh »
Ce rejet violent est fondé sur des préjugés essentialistes. Cette phrase nie la diversité humaine et alimente la transphobie.




